Reflet interdit

Un sentiment, une odeur fugace, une présence éphémère...perdu face à l' immensité du monde, une crédibilité étouffée face aux erreurs sans cesse renouvelées, l’ homme sans visage erre dans un désert de sable blanc laissant derrière lui une trainée lourde de remords, sous un soleil de plomb les pensées sont nombreuses, furtives et sans grand intérêt, il marche sans but sans même en avoir la conscience...

 

dring, dring... le réveil sonne, je touche mon visage pour sentir mes yeux, mes lèvres...je suis revenu...cela me rassure, un rêve, encore ce rêve, toujours ce rêve, dépossédé de toute émotion.

Depuis quelques temps, je ne distingue plus le rêve de la réalité…

 

J’ ouvre une nouvelle boite d'aspirine, et jette le cachet au fond d'un verre d' eau gazeuse, les décibels de l' effervescence me paraissent atteindre le même niveau que ceux des applaudissements d'une foule en délire.

 

Me réveiller, me laver… à l' eau froide ça aide, m’ habiller, sortir de chez moi et immerger mon corps dans un aquarium géant d'échos, de bruits, de cris…

 

L’ impression d’ incompréhension générale me torture ou peut-être est-ce au contraire une compréhension supérieure, un monde aseptisé, robotisé qui est régit par une beauté mécanique imposée…

 

Comme un justicier de la nuit à la recherche de co-équipiers prets à agir pour réveiller les pensées, mon ego me guide dans l' obscurité vers des nuits torrides et dénuées de morale, comme un gamin curieux que l’ envers du décor attire instinctivement.

L’ inconnu existe seulement quand on se met à sa recherche et derrière la beauté des choses se cache la destruction.

 

On m’ a dit d’aimer mais on ne m’ a pas prévenu que j’ allais souffrir, on m’a dit de donner mais on ne m’a pas prévenu que je n’ obtiendrais rien en retour…

 

Je me regarde dans le miroir, je ne vois pas mon visage, je fixe mon verre de vodka et je le vois trouble, mais où est donc mon reflet parfait ?

 

J’ allume une clope en me disant que le temps n' avance pas, peut-être même qu’ il n’ existe pas ici, je n’ vois plus que des taches de couleur, je sens des mains sous ma chemise qui me caressent, l’ odeur du vieux bois, de l’ alcool et de la sueur me confirment une certaine sécurité, dans ce bar mon corps s’ abandonne aux vices, aux péchés, aux désirs charnels, mon ouïe s’ est perdue entre un brouillard de voix et des baffles qui soufflent faisant trembler ma poitrine…

 

Mon verre de vodka me glisse des mains, en éclatant au sol il éclabousse les jambes nues des filles en mini-jupes qui dansent, sautent, se secouent, m’ envoyant des effluves de parfum en plein visage, ça y’ est je crois que… oui, je plane complètement, j’ y suis… dans le bal des démons, minuit à sonné et les queues des diables s’ entrelacent dans une danse enivrante.

Rencontre anonyme

J’ ai bouffé du caviar sur des nichons pointus, j’ ai léché des cuisses dégoulinantes de champagne, j’ ai sniffé des lignes et des lignes sur d’ autres paires de fesses,

 

certaines filles que j’ ai connu on accepté des choses ignobles juste par amour pour moi, et pourtant je les ai toutes aimées, j’ ai vécu par passion au fil des nuits torrides et des matins débraillés.

 

Aujourd’ hui j’ ai 69 ans, les doigts jaunes, la gorge endurcie et la voix brûlée, je suis marié à une jeune polynésienne de 19 ans mais je ne sais plus bander ni chier correctement, serais-ce le prix de tant d’ excès ? Je ne sais pas, je n’ ai plus la force pour essayer de comprendre de toute façon…

 

Je refais un dernier concert à l’ Olympia dans quelques jours, le public sera en masse, saurais-je garder la même émotion comme lors de ma jeunesse où je montais sur scène la tête dans les étoiles ?

Je ne pense pas, ceci dit je m’ en fous, le lendemain j’ aurai toujours du mal pour chier…

La Valse

"Ils dansent tous les deux entre les arbres, écrasent les feuilles mortes, se moquent des jours ou des nuits et des regards qui semblent dire...

 

- Pourquoi dansent-ils alors que le monde s' éteint?

 

Ils dansent pour l' éternel car la fin est synonyme de renouveau, ils semblent tourner au ralentit comme une image vague ressortie du fond de notre mémoire, demain ils danseront ailleurs et le jour suivant encore ailleurs, qu' il vente, qu' il pleuve ou qu' il neige ils ne s' arrêteront pas de tourner.

 

Le temps mord la vie mais eux dans leur bulle dansent et défient les lois de l'inconnu"

 

Devraient-ils savoir quand ils vont mourir pour arrêter leur valse hypnotique?

 

je me fous du temps, du début et de la fin, l' être humain est le seul à avoir conscience de ces notions, c' est là peut être le seul regret que j' ai de la nature animale !

La vie c'est de la merde

Comme une mouche piégée dans une toile, ce soir là je n' en menait pas large, car une prise de conscience me chopa par les couilles brutalement alors que j'étais pénard sur les chiottes d' un cabinet dentaire.

 

Je feuilletais un magazine people avec en couverture une grosse blonde sur la plage, les nichons tombant.

Après analyse plus attentive il s' avérait que la grosse blonde était en fait Gérard Depardieu en vacance à Biarritz , ce qui n' empêche pas les seins tombants...

 

Ces fameux paparazzi qui seraient prets à vous faire subir une coloscopie avec leurs objectifs si ils le pouvaient, sur ce coup là le fait d' être inconnu devrait en conforter plus d' un, petit message pour tous les trous du cul envieux des télé-réalités, bref il y a certainement mieux à faire que de se ramoner le cerveau sur un magazine people, finir de chier par exemple...


Revenons donc sur ma prise de conscience,

Nom de Dieu! un jour je n' existerai plus, je tirerai ma révérence, je passerai l' arme à gauche, je finirai en boite, la mort quoi ! Dans toute sa splendeur et oui moi aussi la faucheuse me coursera , cette salope, une des rares d' ailleurs qui n' me donne pas l' envie d' l' achever sexuellement, sur ce coup je suis forcement perdant, c' est elle qui m' achèvera,

 

ceci dit je suis jeune et en super santé, Superman aurait des complexes, c' est pour ces deux raisons d' ailleurs que j' peux boire comme Gainsbourg et fumer comme une vieille pute slovaque avec la voix cramée de Silvester Stallone, quel intérêt de s' autodétruire quand on sait qu' on va crever tel un cancéreux comptant ses dernières semaines?

 

Et puis je parle plutôt d' autodestruction inconsciente, d' autres citerais la désinvolture ou l' inconscience de la jeunesse... Je dirais la poursuite éternelle de l' interdit, je pense que le summum de la transgression d' interdit s' appelle la mort, qu' avons nous encore à braver quand on sait la fin ? la vie peut être ? paradoxe intéressant.

 

Enfin pour éviter de foutre tout l' monde sous prozac après la lecture de cet élan de réflexion morbide je détournerais l' attention par cette pirouette,

 

"L' homme naît sans dents, sans cheveux et sans illusions, et il meurt de même, sans cheveux, sans dents et sans illusions" Dixit Alexandre Dumas.


J' ai finalement terminé ma réflexion perturbante par ceci :

je dois laisser une trace avant de partir, à cet instant j' ai tiré la chasse d' eau...

Rencontre anonyme N° 2

Elle avait en main ce bout d' plastique de forme phallique, elle l' inséra dans 3 endroits de son corps... cherchez si vous voulez,

 

elle me dit : à ton tour !

 

Là j'ai gravement prit peur, elle me dit d' enlever cet air offusqué de mon visage et rectifia sa phrase,

 

à ton tour de me l' introduire !

 

Ensuite elle s' est servie un demi jack Daniel's avec glace je m' suis servi aussi,

 

allez cul sec, elle s' écrie !

 

je m' exécute sans réfléchir.

 

Elle me demande si j' aime lire, je lui dit que je n' aime lire que la nuit, elle me dit qu' elle n' aime baiser que la nuit, elle m' explique que le sexe c' est comme être écrivain, on écrit ses pages de mieux en mieux au fur et à mesure de ses expériences, parfois bonnes , parfois moins.

 

Un jour l' étreinte envoutante prend fin et on finit par faire la pute car on a la dalle, et on ne prend plus vraiment de plaisir, alors on cherche de nouvelles sources de contentement, parfois on essaie à plusieurs, on forme un collectif et on se suce l' un l' autre pour mieux sucer les autres, car l' union fait la force, ou parfois on sombre seul avec une bouteille d' alcool puis on se délecte de ses vieilles heures de gloire.

 

Dans les années 90 elle était une écrivaine reconnue et demandée, aujourd' hui elle n' a rien d'autre à faire que de se confier à moi et se laisser envahir par sa folie qu' elle n' ose plus poser sur papier...

 

Elle m' offre quelques clés de l' écriture, car elle dit avoir confiance en mon futur...

 

j' aime les âmes torturées et surtout celles qui s' assument alors je retournerai surement chez elle boire éternellement le dernier verre.